Foix: contre les prédateurs, une grande manifestation samedi pour la défense de la ruralité
«Nous ne voulons plus de l’ours. Nous ne voulons pas du loup qui est à nos portes. Le vautour, il faut le réguler. Et on annonce le retour du lynx»
Le message a le mérite d’être clair. Il sera repris en chœur par une foule espérée nombreuse samedi matin (à 10h) sur la place du Champs de Mars, où un rassemblement à l’initiative de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs doit mener le cortège jusqu’à la préfecture. Dans le même temps un courrier d’information et de mobilisation partira en direction de tous les maires de l’Ariège.
«Tous les jours ça continue, vocifère François Toulis le président de la chambre d’agriculture. Hier c’était un veau dévoré à Ventenac, ce matin dernier exemple en date, un autre incident s’est déroulé à l’Herm»
Le décor est posé. «Si on laisse faire, le monde agricole va disparaitre, entame Agnès Ferrand, présidente de la FDSEA. Or, on fait vivre le territoire par le maintien d’une activité forestière, pastorale et même touristique. On participe au maintien du lien social et à l’ouverture des paysages. Par notre présence, la montagne est plus propre, agréable à vivre, à visiter. Il faut penser aux gens qui y vivent et les respecter»
Derrière la présidente de la FDSEA, le président des jeunes agriculteurs, de la chambre, de la fédération pastorale, des forestiers ou encore de l’association Ariège Ruralité, regroupant 9 associations départementales qui œuvrent pour le monde rural en Ariège, présidée par Jean-Luc Fernandez, désignent leurs ennemis.
«Qui sont d’abord les techniciens assis derrière leurs bureaux à Paris et qui ne connaissent rien à la vie de nos territoires, des agriculteurs et des éleveurs» En cause les contraintes multiples qui sont imposées au monde agricole, «une accumulation qui fait que les éleveurs éprouvent un ras le bol devant toutes ces difficultés au quotidien pour essayer de rendre viable leur exploitation»
Alors cette «cohabitation imposée» avec de grands prédateurs, c’est clair à la FDSEA et chez ses confrères, «on n’en veut plus. On veut essayer de vivre. Là c’est invivable, moins productif y compris pour le reste de la population»
Ours, loup, vautour dans le viseur des éleveurs«C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, pour Jean-Luc Fernandez. Ours, loup, vautour et même lynx vont mettre à mal la vie de nos campagnes, de la ruralité. Mais nous sommes unis dans le combat face à la gestion catastrophique par l’Etat des grands prédateurs. Samedi il y aura du monde dans la rue pour contester toutes ces contraintes. On en appelle à tous les sympathisants du monde rural. On a droit à l’autodéfense»
Pour le seul cas des vautours, par exemple la profession dénonce le laisser-aller des pouvoirs publics sur ces espèces protégées qui prolifèrent.
«De 60 sur la chaine des Pyrénées les couples de vautour sont estimés à près de 800 aujourd’hui», évoque François Toulis. Une surpopulation qui entraine un changement des comportements de cette espèce nécrophage jusque-là alliée des éleveurs pour nettoyer la montagne de ses carcasses. «Mais là ils s’en prennent aux bêtes vivantes et non plus seulement affaiblies ou mortes. Il faut les réguler, je n’ai pas dit exterminer», tempête le président de la chambre.
Au-delà, c’est bien la désespérance d’une profession inquiète pour son devenir que pointe notamment le président des Jeunes agriculteurs de l’Ariège, Michel Marcérou, qui parle de «projets de vie de jeunes agriculteurs rendus compliqués et même gâchés…par des environnementalistes parisiens. Se faire rembourser les pertes, continue-t-il, ce n’est pas du tout ce qu’on veut. Nous on veut pouvoir se défendre des attaques, parce que le troupeau c’est notre famille»
«Quel sera notre avenir? Que serons-nous, nos paysages, dans dix ans?» questionne à sa suite Jean-Luc Fernandez.
Inutile de dire qu’ici un nouveau Plan Ours pour pallier à la disparition de Balou serait vécu comme une déclaration de guerre.
La hache de guerre elle est bel et bien déterrée. Rien ne semble en mesure de permettre de rallumer le calumet de la paix. «Notre combat continue, on ne baissera pas les bras»
Un mouvement qui a déjà commencé ce matin à Paris avec le rassemblement de près de 250 agriculteurs en colère, place de la Concorde mettant le feu à un tas de palettes et de paille pour lancer une mobilisation nationale destinée à dénoncer les diverses «contraintes» dont ils sont l'objet.
Manifestation pour la défense du monde rural et contre les grands prédateurs.
Rassemblement samedi 28 juin à 10h, place du Champs de Mars à Foix.
Plus d’informations:
Contact FDSEA: 06.61.02.14.26
Contact JA Ariège: 05.61.02.14.24
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