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Le muguet du 1er mai, un brin légendaire

L’histoire de cette tige verte remplie de clochettes blanches nous révèle qu’elle n’a pas grand-chose à voir avec la symbolique du 1er mai si ce n’est le bonheur de se reposer dans une maison qui sent bon.

Originaire du Japon et cultivé à Nantes le muguet prendra la place de l’églantine rouge pour illustrer la fête des travailleurs du 1er mai. Pourquoi le blanc l’emportera sur le rouge ?

Aucune de nos recherches dans les archives nationales ne nous le dira si ce n’est que le muguet symbolise depuis l’antiquité plusieurs images liées au bonheur souvent et à la saison.

Le 1er mai
L’églantine écarlate qui sera élue en souvenir du sang versé dans le Nord de la France en 1891 lors d’une manifestation qui tourne au drame succèdera au petit triangle rouge allégorie des trois 8 de la journée, dodo, boulot et… loisirs.

Cette date commémore la manifestation de 400 000 travailleurs américains pour l’obtention de la journée de 8h revendiquée par les syndicats en 1886.

Le 1er mai fut choisi tout simplement, car c’était le jour de l’année comptable des entreprises américaines.

Si à l’époque certaines entreprises se plient à cette nouvelle réglementation du travail, il s’en trouve d’autres où des déconvenues engendreront la révolte de Haymarket Square à Chicago.

Un des condamnés à perpétuité dira d’ailleurs ceci : le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui»

La 2e Internationale à Paris décide 3 ans après, en 1889, de reprendre cette date du 1er mai et d’en faire une journée de revendications ouvrières afin de réduire le temps de travail en France qui était de 72h/semaine à 48h/semaine.  

C’est en Russie soviétique sous l’autorité de Lénine qu’en 1920 le 1er mai devint une journée chômée suivie par l’Allemagne nazie qui fera en 1933 une journée non seulement chômée, mais aussi payée, mesure destinée à réunir les ouvriers au régime de Vichy.

La France qui est aujourd’hui réputée, voire enviée, pour ses nombreux jours fériés, chômés, congés payés patientera jusqu’en 1947 pour imiter les 2 pays précités et faire de ce 1er mai un jour férié, chômé et payé.

Le muguet
Si les patrons faisaient travailler les ouvriers, hommes, femmes, enfants dès 6 ans dans de véritables bagnes, avec des horaires interminables, de jour comme nuit les conduisant à l’épuisement, la maladie la mort, le 1er mai est vécu aujourd’hui comme un symbole du bonheur partagé à deux, en famille, entre amis.

Autrefois où la tradition d’écrire ne se limitait pas à de simples textos, il était de coutume d’envoyer une carte postale à ceux que l’on aimait pour leur souhaiter les meilleurs choses du monde tel qu’on le fait encore au 1er janvier.

Plus avant les Romains célébraient les Florales en mai de la même façon que les Grecs, pratique utilisée auparavant par les Celtes.

A la Renaissance le Roi Charles IX recevra un brin de muguet de Louis Girard chevalier en mission auprès de sa reine mère Catherine de Médicis, et en offrira à son tour aux dames de la cour en guise de porte-bonheur.

On y associera à cette fleur des vertus médicinales, mais aussi de galanterie, la fleur très utilisée dans les parfums des hommes donnera son nom aux galants coquets le brin à la boutonnière, habitués à fleureter, flirter, conter fleurette, que l’on surnommait «muguet».

Cependant une autre pratique hormis celle de manifester dans les rues se perd un peu plus chaque année dans les méandres des us et coutumes, il s’agit du muguet que l’on trouvait à acheter dans la rue ou au bord des routes…

Pourtant s’il y a bien un jour où on peut vendre librement quelque chose sans obligation de formalités et sans payer de taxes c’est bien le muguet le jour du 1er mai…

Eteindre les traditions c’est peut-être la nouvelle tradition…

ALB | 30/04/2015 - 20:26 | Lu: 15314 fois