Parc de la Préhistoire: dans les coulisses du Préhisto'Loft
Partant du principe qu’une image vaut 1000 mots, Mathieu Lagarde directeur du SESTA* et le service Médiation du parc de la Préhistoire ont décidé de proposer cet été une nouvelle approche de cette époque, une immersion dans le quotidien d’une tribu de Cro-Magnon et dans son environnement il y a 14 000 ans.
Ce premier Préhisto’Loft de l’histoire propose pendant 5 jours plus de 50 h de direct à tous les visiteurs du Parc de la Préhistoire qui pourront suivre le quotidien de ces hommes, femmes et enfants, connaitre leurs gestes, leurs habitudes, leurs coutumes… se replonger dans un passé qui nous parait, aujourd’hui encore, tellement mystérieux.
Entre médiation culturelle et création artistique«On s’est rendu compte que même en faisant des ateliers bien travaillés, scientifiquement validés, le public repartait encore et toujours avec des images fausses de la préhistoire», explique Emmanuel Demoulin responsable du service médiation. Pour lutter contre ces images d’Épinal, il a eu l’idée d’emprunter le concept de la télé-réalité pour marquer les esprits et véhiculer des images plus conformes à la réalité.
«On parle ici des Homo Sapiens, ceux qui vivent en Ariège il y a 15 000 ans, réalisent les peintures de la grotte de Niaux, ce sont des artistes accomplis qui produisent de l’art dans leur quotidien, ils ont des aiguilles en ivoire et sont capables d’assembler des vêtements en peau de rennes, faire des parures, des sagaies en pointe d’os... Donc rien à voir avec les hominidés couverts de poils et au lobe frontal prononcé»
Fruit d’un long travail de recherches et d’ethnographie, à partir de matériel retrouvé, d’objets en matière animale (os de mammouth, bois de rennes… etc.) l’équipe réalise en interne depuis plusieurs semaines les vêtements et les objets du quotidien de cette tribu: «cette opération à un but pédagogique, notre objectif c’est de pouvoir attirer les gens vers cette période de l’histoire qui peut paraître éloignée, mais qui en définitive n’est pas si compliquée»
Et pour cela rien n’est laissé au hasard. Emmanuel a rempli un congélateur d’os de bisons récupérés auprès de la ferme aux Bisons de Lapenne: «le propriétaire de cette ferme animalière nous a procuré un daim de son élevage qui servira à notre tribu au retour de la chasse», poursuit Emmanuel qui nous conduit dans un dédale dans sa caverne d’Ali Baba. Sur une table des patrons pour confectionner des chaussures en cuir qui s’adaptent à la forme du pied: «il faut penser à toutes les pointures, là c’est du 30 pour un enfant, mais nous avons également des sacs, des tranoirs, ancêtres de nos sacs à dos, des parures en cuir et coquillage, des vêtements en peau, en fourrure»
Apprendre à se projeter dans cette époqueÀ l’étage sous les combles, des lampes à huile et des torches sont prêtes à fonctionner. Des pigments pour la peinture, des tendons, de la vannerie, une petite bourse en peau de lapin, des petites rondelles en omoplate de bison, des propulseurs, des sagaies… et des pelotes de lanières indispensables pour monter et attacher les tentes du campement: «on peut également faire des liens en fibre de tilleul, indique Emmanuel, ce sont des cordelettes de très bonne qualité, mais c’est plus long.
C’est aussi le geste que l’on essaie de reproduire et de montrer au public. Avec cette technique et ce matériau, on multiplie par 10 la résistance de ces fibres. Nous récupérons les tendons auprès des chasseurs, ils sont indispensables à la fabrication des armes. On se rend compte en fabriquant tout ce matériel qu’à la Préhistoire beaucoup de choses sont à créer et à maitriser. Aujourd’hui quand on a besoin d’un couteau on va en acheter un dans une boutique.
Les hommes de la Préhistoire doivent le fabriquer de toute pièce à partir d’un silex (il n’y en a pas forcement dans la région et il faut savoir le tailler) de tendons (il faut savoir les sécher, les défibrer), de la colle réalisée à partir de résine pour assembler le tout. Ce sont des gens qui réfléchissent, qui sont dans l’anticipation, ils doivent beaucoup prévoir, organiser, choisir méticuleusement les matériaux, les conserver précieusement. Nous allons montrer de la manière la plus documentée possible leur vie au quotidien pendant cinq jours»
Cette première édition du Préhisto’Loft aura lieu du 28 juillet au 1er août. Au programme, plus de 50 heures de direct autour d’une tribu préhistorique.
Bien que le plus grand secret règne sur le casting voici la trame de la semaine la plus préhisto du parc. Le public de passage va pouvoir assister de 10 h à 20 h au Préhisto’Loft, suivre le quotidien des hommes, femmes, enfants, se replonger dans la vie d’une tribu de Cro-Magnon il y a 14 000 ans.
Le premier jour sera consacré à la migration du campement et à son installation après une déambulation dans le parc de la Préhistoire. Une fois que la tribu aura trouvé un site propice, entre le ruisseau et la grotte des rennes elle positionnera son foyer, montera son campement, se consacrera à l’organisation du quotidien: aménagement des tentes, collecte des plantes, fabrication de lampes, vanneries…
La seconde journée sera dédiée à la préparation de la grande chasse d’été: fabrication de propulseurs, entrainement au tir ou préparation de matériel de pêche
Un daim sera rapporté au campement à l’issue de la chasse le troisième jour: l’animal sera découpé, sa peau nettoyée et tannée… la tribu en exploitera toutes les ressources et réparera les armes, conditionnera les aliments
Le quatrième jour sera consacré à l’art et à la fête : afin de préparer leur grande réunion d’été (avec un nocturne jusqu’à minuit pour les visiteurs qui pourront sur inscription participer au banquet festif et à la soirée) les Cro-Magnons graveront, fabriqueront des instruments de musique, décoreront leur campement pour accueillir la tribu invitée. «Nous proposerons en soirée (sur réservation) un repas ouvert au public (entre 150 à 200 personnes) où nous proposerons des pièces de viande grillée ainsi qu’un spectacle nocturne, des contes suivis d’un concert préhistochamanique» poursuit Emmanuel Demoulin qui coordonne cette manifestation.
Enfin le dernier jour sera consacré au démontage du campement et la tribu se préparera à un long chemin, une migration à sens inverse dans le parc de la Préhistoire.
Cette animation originale vient compléter la nouvelle exposition «Les géants de l’âge de glace»
Plus d’informations,
www.grands-sites-ariege.fr
Parc de la Préhistoire, route de Banat
09400 Tarascon/Ariège
Tél: 05 61 05 10 10
*Service d’exploitation des sites touristiques de l’Ariège

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