Tourtouse: un théâtre de verdure sort de... la motte féodale
«Pour nous c’est une fierté… c’est un grand jour qui concrétise un projet issu de longues séances de réflexion. Aujourd’hui nous lançons officiellement ce chantier»
C’est non sans émotion qu’André Descoins, maire de la commune de Tourtouse, d’abord dans la salle de la mairie puis sur site même, joignant le geste à la parole, posera la première pierre, après la pose du panneau des travaux et du couper de ruban, de ce qui sera en principe d’ici l’été prochain le futur théâtre de verdure de sa commune, capable d’accueillir jusqu’à 250 personnes.
Une réflexion débutée dès 2006, dans le cadre d’un travail collectif et même collaboratif, souligné par le premier magistrat, et notamment les artistes premiers concernés, et comme en attestent les nombreux officiels présents en cet instant solennel: Communauté de communes, Pays Couserans, PNR, Conseiller général du Canton et bien sûr l’Etat représenté suite à une défection de dernière minute de Nathalie Marthien, préfète de l’Ariège, par Philippe Sauvannet sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Girons, reprenant là le flambeau de ces prédécesseurs, partenaires actifs du dossier.
D’abord un projet de valorisation des majestueux remparts surplombant les non moins majestueux paysages environnants, devenu véritable projet de développement culturel en insérant au sein d’un site prestigieux, la Motte féodale et ses remparts, un théâtre de plein air, et elle-même attenante aux anciennes résidences d’été de l’Evêque. Puis un projet plus vaste avec la sécurisation et la mise en valeur de l’ensemble du site, zone archéologique et historique classée.
A l’arrivée, un «succès» pour ce projet labélisé, comme Pôle d’Excellence Rurale en 2011, l’un des seuls projets ariégeois à obtenir cette distinction avec celui de Foix sur les six projets alors présentés.
Une reconnaissance de la portée du projet et de sa qualité qui ouvre aussi les portes de cofinancements importants. D’un coût total de près de 440 K€, 170 sont apportés par l’Etat, 30 par l’Europe, 60 par le Conseil Général et 30 par la région. Le reste étant financé à parité par la commune et la Communauté de communes du Canton de Sainte-Croix Volvestre, cette dernière étant maître d’ouvrage de l’opération.
Alliance des matériaux, pierre, métal et bois, pour une intervention légère, intégrée et réversible«Notre parti propose à la fois une architecture du moindre impact et une mise en valeur de la ruine par une écriture contemporaine tout en affirmant lisibilité et fonctionnalité à sa nouvelle vocation», présente Romain Joseph responsable de l’équipe du Cabinet d’architecture mandaté pour ces travaux.
Le parti pris architectural est orienté par une intervention légère et discrète «par petites touches», poursuit le responsable. Une scène, des édicules d’accueil et de services qui s’apparentent plus à du mobilier qu’à de réelles constructions abriteront loges, vestiaires, sanitaires, billetterie, salle des artistes face aux gradins. Le tout s’insérant harmonieusement dans l’enceinte des remparts.
La scène sera surmontée d’un portique, comme une arche, pour donner une dimension au projet. Le choix des matériaux soulignent également le souhait d’une intégration parfaite dans le site. La pierre, bien sûr confortée et reprise, l’utilisation du corten, métal d’aspect rouillé pour les structures supportant les gradins et les édicules et enfin le bois, du chêne, rehaussant l’ensemble par un habillage de qualité.
«Avec une logique recherchée d’impact minimum sur site, par l’usage notamment de micro pieux, costauds tout de même pour supporter le public accueilli sur les gradins», en lieu et place de fondations coulées en béton. Le tout conservant un caractère réversible. L’ouverture existante dans les remparts en ruine, sera sécurisée et mise en valeur par le même jeu de matériau par la création d’un belvédère offrant une vue imprenable sur le paysage alentour.
Enfin ce lieu est destiné à rester un «lieu ouvert, un site de visite que les visiteurs vont pouvoir s’approprier, en s’y promenant, afin de circuler et déambuler librement au milieu des différents espaces», lorsqu’aucun spectacle n’y sera programmé.
Un théâtre de verdure qui s’inscrit dans un projet de plus grande envergure encoreLa mise en valeur de l’ensemble du site, hormis la création du Théâtre de verdure, constitue l’autre volet important du projet, entrant pour près de la moitié dans le budget d’ensemble. Le site fera l’objet d’un important travail de sécurisation et de valorisation confinant à une intervention «pierre par pierre»
Un projet qui aiguise les appétits, de l’équipe municipale tout au moins. Puisque dans un second temps elle entrevoit déjà de créer un sentier d’interprétation pour mettre en valeur ce site classé, par une balade d’environ une heure autour de la Motte Féodale conduisant jusqu’au Les et ses vestiges de Moulins, parsemée de panneaux d’interprétation.
Ensuite le donjon, qui n’a fait l’objet d’aucune restauration depuis 1870 devrait à terme bénéficier d’une intervention en ce sens. Et puis évoque déjà André Descoins le site devrait s’intégrer «dans la route des sites castraux actuellement mise en œuvre par le biais du pays»
«Ce label de Pole d’excellence rurale est délivré à des opérations qui ont un retentissement très important en matière culturelle, souligne le sous-préfet Philippe Sauvannet, qui confirme que les subventions obtenues sont acquises. Ce qu’il faut c’est engager les travaux en respectant les dates limites fixées»
Et concernant la vocation de ce site, le sous-préfet de renchérir: «Ce qu’il faut vendre, c’est la destination Couserans. Il y a au niveau culturel, patrimonial une complémentarité avec des sites comme Saint-Lizier et des sites ludiques comme Guzet ou thermo-ludiques comme Aulus… un package global de destination Couserans à vendre et Tourtouse est l’un des points d’ancrage»
Une ambition qu’aura dès l’année prochaine, si tout va bien, la lourde charge de porter l’association Remp’Art avec à sa tête Jacqueline Mauran, à qui la programmation de ce théâtre de verdure dédié aux spectacles vivants et aux arts, a été confiée.
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