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Tribunal correctionnel de Foix: Rachid, 23 ans, a été condamné à 8 mois pour violences conjugales en récidive

Vue de l'entrée du palais de justice de Foix
© midinews (archives)

Le 1er novembre 2014, M. a eu le nez fracturé après une dispute avec son conjoint. La jeune femme qui avait prétendu au médecin des urgences être tombée n’avait pas souhaité déposer plainte.

10 jours plus tard, le 11 novembre, elle portait plainte contre son compagnon affirmant qu’il l’avait poussée dans les escaliers et donné un coup de poing. La jeune femme, en détresse psychologique, avait un arrêt de travail de 10 jours. Les deux affaires ont été jointes sur demande du procureur de la République.

Un parcours de délinquance empêchant l’insertion sociale selon Blandine Arrial, présidente du tribunal
En détention provisoire depuis le 14 novembre, Rachid a été présenté cet après-midi devant le tribunal correctionnel où il doit répondre de violences en récidive, avec trois circonstances aggravantes : sa victime est sa concubine, elle est enceinte de 6 mois, et il était sous l’empire de l’alcool au moment des faits. Le jeune Fuxéen est depuis son adolescence connu des services de police et des magistrats.

Libéré en mai dernier (pour des faits de violence aggravée), il souligne être en couple depuis février 2014 avec M. et explique : «ça ne fonctionne pas»

Il ne sait pas «comment le dire» mais rajoute : «j’ai tout fait, mais ça n’a pas marché. Je suis à bout»

Des propos qui font bondir l’avocate de M., Me Maud Trespeuch, rappelant que sa cliente bien qu’enceinte travaille, et que lorsqu’elle rentre chez elle c’est pour trouver son compagnon sur le canapé ou en train de boire avec des amis.

Propos relayés par Blandine Arrial, glissant au prévenu: «vous êtes de futurs parents. Elle arrive chez elle après son travail et c’est vous qui êtes à bout !» A bout donc, Rachid ne supporte plus cette relation et pour les faits du 1er novembre avoue avoir donné une claque à M.

«J’allais pas faire n’importe quoi» affirme-t-il. Une claque qui aurait engendré un nez fracturé, l’explication semble assez légère aux yeux de la présidente. Concernant le second dossier, les violences du 11 novembre, Rachid nie les faits s’étant produits dans l’immeuble de ses parents.

Il a expliqué avoir voulu prendre un peu de bon temps avec un copain, pour éviter une énième dispute. M. serait venu le chercher chez cet ami, avec les veines tailladées.

«Ce n’était pas la première fois, j’étais choqué» raconte-t-il. Ensuite les versions divergent. M. maintient gifle et bousculade dans l’escalier, lui réfute arguant que son père était présent.

Le procès de Rachid avait été reporté en attente d’une expertise psychiatrique concernant M. Le rapport du psychiatre n’apportera aucun élément, mais les auditions des grands-parents maternels de M. éclaireront la personnalité de la jeune femme.

Elevée par ces derniers, une mère dépendante à l’alcool suite au meurtre de son premier enfant, une brillante scolarité interrompue en seconde, ensuite un CAP et enfin toujours selon ses grands-parents «une personne capable de violence»

Une violence dont ont été témoins les forces de l’ordre rappelle Me De Scorbiac avocat de la défense. Il semblerait que la jeune femme ait porté des coups sur Rachid, et qu’elle serait coutumière du fait, n’hésitant pas à lui cracher dessus.

«Une jeune femme fragile, compliquée, qui nécessite peut-être plus d’attention de votre part», indique la présidente. Des mots, un discours qui semblent glisser sur le prévenu, voulant néanmoins «assumer une connerie»

Le couple a un mode de fonctionnement pathologique
Rachid «a le don d’agacer» Me Trespeuch soulignant les 3 actes de violence en moins d’un an, «un discours, un comportement peu acceptables envers une jeune femme ayant un vécu abandonnique» L’avocate a martelé : «il n’est pas capable de se contenir et n’hésite pas à porter des coups, même dans le ventre»

Pour le procureur de la République oui, le couple a un mode de fonctionnement pathologique, fait de cris, de menaces, de violences.

Toutefois, alors qu’il était sous le coup du sursis avec mise à l’épreuve (violences au sortir d’une boite de nuit avec des militaires), «le prévenu n’aura mis que sept mois pour revenir nous voir» rappelle Olivier Caracotch, martelant : «il est temps de lui montrer que la justice ne veut pas de ces faits»

15 mois de prison ferme et maintient en détention étaient alors requis. A la défense Me De Scorbiac est revenu sur «l’attitude ambivalente de la victime, une attitude préjudiciable à son client»

L’avocat a plaidé pour un jeune homme voulant s’en sortir, voulant travailler, s’insérer et victime d’une relation pathologique.

Rachid a été condamné 8 mois de prison ferme, maintient en détention, la révocation des sursis a été prononcée et la partie civile jugée recevable.

NR | 16/12/2014 - 20:30 | Lu: 14251 fois