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Projet de carrière en Ariège: Bédeilhac, un nouveau combat pour les zadistes ?

Vue de l'entrée de la carrière de Bédeilhac en février 2014
© midinews (archives)

Les réactions n’ont pas tardé, mardi, à l’issue de la publication de l’avis positif rendu par le commissaire-enquêteur chargé du dossier d’exploitation de la carrière de Bédeilhac.

Les opposants, fédérés notamment par l’association des Gardiens du Calamès, ont aussitôt indiqué leur «dégoût et leur incompréhension» face au travail d’un «commissaire-enquêteur resté sourd et aveugle» aux arguments relatifs aux nuisances diverses redoutées par les «anti carrière»

A quelques jours des élections départementales, les réactions politiques ont également afflué, l’ensemble des candidats en lice sur le canton du Sabarthès affichant leur mécontentement et espérant désormais une décision finale négative de la Préfecture.

Au fil des expressions des uns et des autres, c’est un autre rendez-vous qui semble se profiler à l’horizon de la commune de Bédeilhac. D’aucuns estiment en effet qu’une nouvelle forme d’opposition pourrait poindre sur le site de la carrière, celle conduite par ceux que l’on nomme aujourd’hui les «zadistes»

Rendus célèbres par leur mobilisation contre le projet de l’aéroport de Notre-Dame des Landes en Loire-Atlantique ou contre le chantier du barrage de Sivens dans le Tarn, voire leur opposition à la construction d’un centre de vacances à Roybon en Isère, les tenants de ces fameuses «zones à défendre» (ZAD) pourraient se sentir concernés par le dossier de reprise de la carrière de Bédeilhac.


L’appel à la mobilisation de José Bové
Dans un court communiqué de presse diffusé hier, le député européen José Bové, connu pour ses prises de position tranchées et ses passages à l’action médiatiques, indique que «pour lutter contre les nuisances sonores et visuelles commises aux citoyens, mais aussi pour préserver un tissu rural et une économie locale nous devons nous mobiliser et contrer de telles aberrations !»

Quand on sait que déjà 500 personnes adhèrent à l’association des Gardiens du Calamès, et que la pétition qu’ils ont lancée à récolté près de 8000 signatures, on s’interroge sur la nature de la mobilisation à laquelle pense désormais l’élu aveyronnais.

Lui qui, par le passé, a déjà flatté l’engagement zadiste en le comparant à celui d’illustres penseurs de l’écologie moderne, tel «l’Ariégeois» Alexandre Grothendieck décédé en novembre dernier à Saint-Lizier.

Autre communiqué, autre ton avec le texte adressé mercredi par Michel Larive, membre du Conseil national du Parti de Gauche, et candidat aux élections départementales sur le canton du Couserans-Ouest.

Il y interpelle l’actuel président du Conseil général, par ailleurs candidat sur le même canton, pour lui demander l’organisation «d’urgence d’un référendum d’intérêt local» sous peine qu’une «ZAD voie le jour ici en Ariège»

Alors, appel aux zadistes ou stratégie électorale ? Dans les deux cas, la Préfecture de l’Ariège se retrouve à devoir gérer un dossier toujours plus compliqué.

PB | 27/02/2015 - 19:25 | Lu: 24847 fois