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Bédeilhac: le commissaire-enquêteur dit oui au projet d'exploitation de la carrière

Vue de l'entrée de la carrière de Bédeilhac en février 2014
© midinews (archives)

«J’émets un avis favorable à la demande d’autorisation présentée par la société Denjean Ariège Granulats pour l’exploitation d’une carrière de calcaire avec installation de traitement et de transit de produits minéraux aux lieux-dits Bédeilhac-village, Laudrie et Calamès», écrit Jean Gaillard, le commissaire-enquêteur.

La sentence (consultative, précisons-le) du commissaire-enquêteur est donc tombée mardi après-midi, par la publication sur le site Internet de la préfecture de l’Ariège du rapport d’enquête publique diligentée par l’Etat suite à la demande d’exploitation de la carrière dite de Bédeilhac par l’entreprise de Gérard Denjean.

Au terme de la procédure d’enquête publique conduite du 20 octobre au 29 novembre 2014, après l’audition de plus de 130 personnes, l’analyse des quelque 2000 pages des trois registres compilés ou encore la prise en compte de la pétition aux 8000 signatures opposées au projet d’exploitation, le commissaire-enquêteur a rendu il y a quelques jours son rapport de 140 pages à Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège.

La décision revient désormais à Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège
«Utilité publique», «dossier solide», «nuisances redoutées sans fondement», «une réouverture créatrice d’emplois», «revitalisation du territoire», «respect de la réglementation»… Autant d’arguments sur lesquels Jean Gaillard a basé son avis et dont devra désormais tenir compte la représentante de l’Etat à l’heure de rendre sa décision.

Mais pour cela Nathalie Marthien n’oubliera pas de prendre en considération les nombreux autres éléments qui composent le volumineux dossier : la demande d’autorisation déposée par la société DAG au mois d’août dernier, mais aussi les délibérations des communes du secteur, de Bédeilhac (favorable), mais aussi de Tarascon ou encore Saurat (défavorable dans les deux cas), sans oublier l’avis négatif rendu par le conseil d’administration du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises ou encore les très nombreuses manifestations organisées pour dire «non» au projet, aussi bien à Bédeilhac qu’à Foix.

Le combat continue pour les Gardiens du Calamès
La campagne électorale pour le scrutin départemental des 22 et 29 mars est également un facteur à prendre en compte. On ne peut croire qu’elle influencera la décision de la préfecture, mais nul doute qu’elle participera à la résonnance que ne manquera pas de susciter le rapport du commissaire-enquêteur dans la vallée et au-delà.

Déjà, des candidats engagés sur les cantons du Sabarthès et de Foix (!) ont eu l’occasion de ferrailler pour dire combien les uns étaient plus opposés au projet que d’autres, ou pour revendiquer l’antériorité de leurs prises de position respectives…

Aujourd’hui, le coup est surtout rude pour l’association des Gardiens du Calamès, composée d’habitants de la commune, de professionnels du tourisme du secteur, de citoyens, tous mobilisés depuis le début contre le projet.

En canalisant et fédérant les oppositions sur l’ensemble du département, les «Gardiens» avaient assuré l’écho nécessaire à leur combat.

Pour eux, la mobilisation n’est pas encore terminée.

Téléchargez le rapport du commissaire-enquêteur (PDF - 3,1 Mo)

PB | 24/02/2015 - 19:50 | Lu: 25258 fois