Conflit au centre hospitalier du Val d'Ariège: les vérités de la direction
«En tant que chef du pôle des spécialités chirurgicales, je ne peux laisser la CGT diffuser des allégations erronées !», tempête le docteur Jean-Paul Gaestel.
«Je suis tout de même mieux placé que cette centrale syndicale pour savoir s’il faut mettre un infirmier ici plus qu’une sage-femme là. J’assume mes choix bien que l’on m’accuse d’incohérence.
Selon moi il n’est pas incohérent de faire prendre en charge le service et les soins d’opérés dans un service de chirurgie sous la responsabilité d’infirmières plutôt que dans un service de gynécologie sous la responsabilité de sages-femmes.
Vous le comprendrez ce sont des arguments purement médicaux de sécurité, de cohérence et il n’est pas question de fermeture d’une activité, mais d’un redéploiement et d’une réorganisation, car une fois de plus il ne faut pas confondre activité et service, les mots ont un sens».
Pour ce professionnel la coupe est pleine, il rajoute que le projet mis en place actuellement est le fruit d’un travail pluridisciplinaire, avec les représentants des pôles chirurgie et obstétrique. «Les représentants syndicaux ont été invités dans ces groupes de travail et ne sont jamais venus.
Je pense que ce mouvement syndical doit s’inscrire dans une dynamique qui nous dépasse un peu, celle des élections dans la fonction publique territoriale».
La centrale syndicale depuis près d’une semaine annonce la fermeture programmée de l’activité gynécologie. Pour la direction cella va à l’encontre du recrutement du Dt Gutierrez qui doit assurer la succession du Dt Gaestel en assurant ainsi l’activité de cancérologie gynécologie et sénologie au CHIVA.
Michel Thiriet le directeur du CHIVA revient sur l’évolution des prises en charge à l’hôpital. «Le service gynéco est essentiellement un service de gynéco chirurgicale (nous réalisons 73 % de séjours chirurgicaux, c’est-a-dire de patientes qui viennent se faire opérer). Cette petite unité de 8 lits n’a pas vocation de ne plus offrir cette offre de soins sur le CHIVA, bien au contraire.
Il s’agit de permettre à ces patientes d’être hospitalisées au sein du bâtiment chirurgie à proximité du bloc opératoire et de ce qu’on appelle l’unité d’accueil de chirurgie ambulatoire, car la plupart des prises en charge sont de durée beaucoup plus courte (une journée).
L’enjeu de cette réorganisation c’est le maintien des patientes en Ariège, dans un environnement de qualité et de sécurité qui permettra la poursuite de leur prise en charge au CHIVA pour les années à venir».
Selon le directeur de l’établissement, ce projet ne date pas d’hier, il a été envisagé avant la reconstruction du CHIVA, mais pour des questions d’espace immobilier il n’a pas pu être réalisé à l’époque. Idem pour l’activité des sages-femmes: «il faut savoir que c’est une demande très ancienne des sages-femmes qui souhaitaient que cette activité actuellement assurée par un effectif de sage-femme ne le soit plus pour des raisons qui tiennent au profil même des malades»
Le dialogue social se construit au moins à deux et de façon respectueuse
Michel Thiriet se dit attentif à tous les sujets qui concernent tant la réorganisation de l’hôpital que les conditions de travail du personnel: «nous sommes ici dans une adaptation de l’offre des soins dans le sens d’une meilleure qualité d’accueil et de prise en charge.
Pour cela il faut être sur le terrain du dialogue et non de la surenchère.
Vendredi il y avait 4 grévistes sur 1400 salariés.
Ce que je peux affirmer c’est qu’il n’y aura pas de suppression d’activité ni de moyens, seulement des activités qui s’organisent différemment»
| La CGT de son côté maintient la pression Le décorum est là pour signaler aux visiteurs qu’un mouvement de grève perturbe actuellement la maternité et le service gynécologie du centre hospitalier du Val d’Ariège. Ce mardi au sixième jour de grève, la CGT avait installé son barnum à l’entrée de l’établissement et du personnel se relayait dans les couloirs de l’administration depuis le matin 7 heures. «Il n’y a pas de dialogue social, nous attendons un RV avec l’ARS c’est pour cette raison que l’on occupe les lieux nuit et jour», précise cet infirmier. «Nous sommes contre la fermeture de la gynécologie, nous demandons du personnel, des effectifs supplémentaires. Nous sommes mobilisés avec enfant et famille et on est prêt à donner toute notre énergie dans ce conflit». Dans cette «cour des miracles», où le personnel non gréviste continue à faire son travail, un bébé en pleurs, des infirmières agglutinées dans le couloir redécoré pour l’occasion de rubans de signalisation de chantiers. «On demande à être respecté dans nos demandes, poursuit la porte-parole des sages femmes. Nous avons travaillé pendant des mois dans des conditions difficiles, on continue aujourd’hui à nous manquer de respect». Outre la rupture du dialogue social mise en avant par les grévistes, les revendications de la maternité sont les suivantes: «nous demandons un poste supplémentaire de sage-femme et un poste supplémentaire d’aide-soignant alors que l’on nous parle de trois suppressions de postes et de délocalisation d’un service. Une fois que les lits sont fermés, l’expérience montre que c’est définitif». Des personnels en grève qui s’opposent à «la casse annoncée de ce service de proximité», bien déterminés à poursuivre le bras de fer avec la direction. La centrale syndicale appelle dès demain mercredi au rassemblement devant l’ARS à Foix dont elle attend un signe. |
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