Ours: le torchon brûle entre les chasseurs ariégeois et les associations écologistes
sur le même thème
Ce n’est pas nouveau, il y a quinze ans que cela dure entre le Comité Ecologique Ariégeois, Férus ou l’Adet pays de l’Ours. Invariablement depuis la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, les uns attaquent au tribunal administratif les arrêtés préfectoraux d’ouverture et de clôture de la chasse, l’activité de loisir principale des autres, portée par certains comme une véritable passion dont ils vouent parfois un culte exclusif, voire excessif.
En cette période pascale où les esprits devraient être à la paix et la concorde, voilà que Férus monte à la charge à quelques jours de l’assemblée générale de la Fédération des Chasseurs ariégeois.
Une tribune qui met le feu aux poudresDans un mail reçu dans toutes les rédactions, l’association de protection et de conservation de l'ours rappelle que la 9 avril 2014 la Cour d’appel de Bordeaux a confirmé le jugement du TA de Toulouse du 16 décembre 2011, lui-même annulant l’arrêté préfectoral d’ouverture et de clôture de la chasse du 23 mai, annulant par voie de conséquence les arrêtés du 10 novembre 2009 et du 2 juillet 2010… pour motif (Ouf nous y voilà!) qu’ils ne prescrivaient pas de mesures suffisantes de protection de l’ours par rapport à la chasse en battue.
Profitant de cette tribune, l’association rappelle que «la fédération des chasseurs est un des partenaires historiques du retour de l'ours dans les Pyrénées centrales (lâchers de 3 ours en 1996/1997 et de 5 ours en 2006)»
«La coexistence de l'ours et de la chasse est possible, d'autres départements pyrénéens et les pays voisins nous le prouvent. Une formation accrue et régulière des chasseurs en zones à ours accompagnée d'informations sur l'ours, sa biologie, son comportement, son mode de vie... peuvent permettre aux chasseurs de respecter l'ours, ou tout au moins sa présence, et d'apprendre à vivre avec la présence de l'ours.
En 2009, la Fédération de chasse de l'Ariège, probablement pour des raisons politiques/électoralistes, a claqué la porte des groupes de travail «chasse» du Groupe National Ours dans les Pyrénées, rompant ainsi tout dialogue entre les chasseurs de l'Ariège et les défenseurs de l'ours.
Consigne semble même avoir été donnée aux chasseurs en Ariège de ne surtout pas révéler la détection d'un ours sur un secteur, pour peu qu'on leur interdise momentanément de chasser... Face aux postures et attitudes actuelles des représentants ariégeois de la chasse, cette victoire juridique des associations Comité Écologie Ariégeois et FERUS va contraindre les représentants de l’État à mettre en place des interdits plutôt que des préconisations»
Le président de la Fédération des Chasseurs de l’Ariège réagitCe qui devait advenir, arriva… Jean-Luc Fernandez ne pouvait pas laisser passer un tel brûlot. Surtout que quelques temps auparavant lors d’une interview faisant état du bilan de la saison de chasse il évoquait en ces termes la présence de l’ours:
« «Chacun vis sa vie. Vous conviendrez que les ours se reproduisent malgré les chasses en battue, cela prouve notre capacité à chasser en présence du plantigrade et je tiens à remercier les chasseurs pour leur comportement responsable. Quand un ours est signalé les chasseurs changent de vallée, personne n’est traumatisé par sa présence et du moment qu’il n’y a aucune contrainte pour continuer notre pratique, il n’y aura pas de problème» »
Cette tribune de Férus et du CEA l’a fâché tout rouge et il a souhaité réagir (ce qu’il ne manquera pas de faire également samedi 26 avril au cours de son AG).
Pour Jean-Luc Fernandez, «rien de nouveau sous le soleil puisque l’arrêté attaqué date de 2011, il y a eu beaucoup de modifications dessus depuis. C’est une posture du CEA et de Férus mais sont-ils encore crédibles avec de tels arguments?
La chasse en battue selon dérange… Formidable! Nous sommes passés de zéro à 21 ours en Ariège sur 40 communes (et 25 sur les Pyrénées), dans l’endroit où il y a le plus de battues. Nous assurons la formation de nos chasseurs et cette formation sera renforcée dans les mois à venir avec l’ONCFS. La chasse en battue est la seule pratique permettant de réguler le grand gibier mais elle est soumise à certaines règles que nos détracteurs ne connaissent peut-être pas, de plus on ne chasse en battue qu’à partir de fin octobre, pas au-dessus de 1 500m.
L’ours lui répond à tout le monde, au TA, aux associations: il se sent très bien en Ariège, il se reproduit, tous les ours nés dans les Pyrénées sont nés en Ariège où l’on répond parfaitement à la commission européennes. Dois-je rappeler que c’est le CEA qui a porté le fer le premier. Aujourd’hui je ne suis pas disposé à baisser la garde, je peux tout entendre mais par contre effectivement je n’accepterai pas de recevoir des leçons dans un département où la chasse en battue a une aussi forte tradition.
Dois-je également rappeler que les ours qui ont été tués l’ont été dans les départements où il y a le plus de mesures (de manière imposée ou volontaire) en faveur des ours.
J’ai quitté le Groupe National Ours dans les Pyrénées non pas par pression politique (si je suis sensible à l’opinion de mes chasseurs je le suis assez peu des pressions politiques) mais parce que nous étions attaqués en permanence malgré notre technicien suivi ours, malgré la convention avec l’Etat… que ceux qui ont porté le fer en premier disent OK on arrête de vous attaquer, on discute de nos problèmes autour d’une table.
Mais la FDC09 reste fermement opposée à toute contrainte de la chasse par contre l’ours ne nous dérange pas, ne dérange absolument pas la pratique de la chasse et les chasseurs se sont très bien adaptés à sa présence. La chasse n’est pas plus perturbante qu’une autre activité de montagne, que le tourisme, le pastoralisme ou les exploitations forestières.
On est dans l’idéologie la plus complète. Le seul problème de ces associations c’est trouver un moyen de réduire la pratique de la chasse. Je le dis à Férus et au CEA, si vous voulez qu’il y ait un dialogue avec FDC09 (et il peut y en avoir un), soyez un peu constructifs!»
dans la même rubrique
- Pamiers: Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées en visite au lycée agricole, pionnier en matière d'agroécologie
- La Confédération Paysanne dénonce les «coûts exorbitants» de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
- Castillon-en-Couserans: chouette nuit en perspective le 1er avril
- Solidarité chez les apiculteurs: deux cents essaims venus de toute la France réceptionnés samedi à Fabas dans l'Ariège
- Les apiculteurs Ariégeois attendent les essaims de la solidarité
- La Confédération Paysanne de l'Ariège dit non aux services payants de la Chambre d'Agriculture
- Fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 mais pas fin des contraintes pour les producteurs ariégeois
- Manifestation devant la Chambre d'Agriculture: «il y a un terreau de ZAD dans le département de l'Ariège»
- Rencontres au sommet au Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises: premiers pas vers un Parc Pyrénéen des Trois Nations?
- Le photovoltaïque agricole en Ariège, oui, mais pas à n'importe quel prix!
- Les médailles ariégeoises du Salon international de l'Agriculture
- Salon de l'Agriculture: ces Ariégeois fidèles au rendez-vous parisien
- Réserve Naturelle Régionale de Montségur: un acte fondateur
- Salon de l'agriculture: Mérens et Castillonnais, les races ariégeoises en représentation à Paris
- Surveillance sanitaire du chevreuil en Ariège
- Salon de l'Agriculture: l'Ariège au rendez-vous de la plus grande ferme de France







