François Gerster, inspecteur général de la santé publique au chevet des apiculteurs ariégeois
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C'est une véritable crise sanitaire qui touche depuis le mois de décembre les élevages apicoles ariégeois.
Une catastrophe sanitaire et économique dénoncée par le collectif des apiculteurs d'Ariège qui s'est constitué le 15 janvier dernier afin d'attirer l'attention des pouvoirs publics.
A priori ils ont été entendus. Mercredi matin une mission conduite par Alain Fauconnier, sénateur de l'Aveyron et président du comité stratégique de l'agriculture et par François Gerster, inspecteur général de la santé publique, vétérinaire coordonateur ministériel du plan de développement durable de l'apiculture, ainsi que des représentants d’organismes sanitaires, Augustin Bonrepaux, président du Conseil général, François Calvet ou Marc Carballido, conseillers régionaux, est venue à la rencontre de ces professionnels, des agriculteurs sans terre (ou presque) mais dont l'activité permet la pollinisation de 80% des cultures agricoles.
Une situation préoccupante tant au niveau de l'avenir de la filière que de la qualité de l'écosystème de l'abeille.
Selon Céline apicultrice en Couserans porte parole de collectif une quarantaine d'apiculteurs seraient touchés, plus de 1500 ruches mortes en Ariège et autant tellement affaiblies qu'elles seront inutilisables à la prochaine saison. Les jeunes installés sont en grande difficulté et certains comme Mathias apiculteur à Allières se demandent même s'ils vont poursuivre cette activité après avoir perdu plus de la moitié de leur cheptel.
François Gester aux côté de Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège, a affirmé que «Stéphane Le Foll était très attentif à cette filière et au drame qu'elle vit dans le département de l'Ariège et dans les départements limitrophes. Il nous a chargé d'aller à la rencontre des apiculteurs pour trouver des solutions car il y a derrière ces situations de véritables drames humains»
L'inspecteur général s'est félicité du travail réalisé avec les services de l'Etat, les collectivités locales et les représentants du monde apicole dans la gestion de cette crise.L’Etat a décidé de mettre les moyens pour aider la filière apicolePlusieurs points positifs seront sortis de cette réunion de travail.
Tout d'abord une commission départementale d'enquête sera mise en place avant la fin de la semaine pour objectiver les pertes et faire des propositions aux apiculteurs les plus touchés. Mais il faut également s'interroger dans un second temps sur les causes de cette mortalité. Les instances scientifiques vont se mobiliser (notamment l'Institut de l'abeille et le laboratoire de l'ANSES de Sophia Antipolis).
«Nous allons choisir avec des épidémiologiques un échantillon d'exploitations qui ont subi des pertes anormales et travailler parallèlement sur des exploitations ou rien ne s'est passé... cette enquête permettra de formuler des hypothèses, elle doit être très rapide car la saison apicole débute avec les beaux jours.
Des expertises nous offrirons peut être la possibilité de trouver des résidus toxiques des traitements antiparasitaires des grands animaux (équins, bovin, ovins) car il faut regarder si oui ou non cette hypothèse de mortalité des abeilles avec résidus de substances chimiques est avérée ou pas. Le protocole d'enquête le dira»
Pour ne stigmatiser aucune des pratiques agricoles et surtout pour éviter toute tension entre apiculteurs et éleveurs, François Gester a répété plusieurs fois dans ses propos que «les différentes agricultures devaient vivre ensemble en harmonie sur les territoires marqués par l'agropastoralisme»
Cependant si l'hypothèse d'une intoxication causée par des produits de traitements antiparasitaires des bêtes était avérée, «il faudra prendre des décisions au niveau national»
Enfin la troisième piste de travail concerne un protocole de surveillance pour la saison à venir «il concernera une sélection d'exploitations choisies, nous aurons ainsi des données objectives afin d'établir un débat le plus serein possible avec ceux qui partagent ce territoire» a précisé l'inspecteur général en indiquant que tous les frais d'enquêtes, d'études seraient pris en charge par des fonds d'Etat.
Nathalie Marthien de rajouter que la cette commission départementale d’enquête coordonnant tous les services de l’Etat, du Conseil régional, général et de la chambre d’agriculture allait évaluer les dégâts et pertes économiques des apiculteurs afin de pouvoir coordonner les aides financières et veiller à ce que personne ne soit oublié: «nous ferons du cousu main car chaque cas est un cas particulier»
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